29 mai, 2007

Voir Prague et revenir (© Julien)

Parce que toutes les bonnes choses ont une fin, nous voici arrivés au terme de l’expérience expatriation et de nos pérégrinations pragoises. Ces derniers mois m’ont menée de Montélimar à Prague, de Bratislava à Vienne, de Berlin à Marrakech, d’Austerlitz à Budapest. Je n’avais jamais autant voyagé et j’espère que ça ne fait que commencer ! De formidables rencontres se sont faites aussi, comme vous avez pu le constater au gré de mes différentes notes. Durant ces huit derniers mois, j’ai pu disposer de mon temps comme bon m’a semblé et je dois avouer que ce fut un luxe de tous les instants. Une année pleine de superlatifs et riche en loisirs : ballets, opéras, livres, restos, musées, balades, films sans oublier les mythiques cours de danse. Toutes ces choses vont me manquer, non pas que je n’irai plus au ciné ou à l’opéra, mais probablement pas dans une telle quantité. Les longues discussions avec mes colocs faisaient aussi partie de ma vie ici (ou là-bas devrais-je dire, je ne sais plus trop) de même que le 27 Werichova, notre home sweet home.

Je pars demain. Aujourd’hui j’ai eu ma dernière rencontre avec Katka, elle m’a montré un bâtiment communiste qui n'a pas été détruit en 89, il reste même l'étoile en haut ! Ce soir a lieu ma dernière soirée, j’ai d’ailleurs prévu de ne pas me coucher avant d’avoir vu le soleil se lever sur le Pont Charles ;-)

Prague va me manquer. Une ville que j’ai admirée sous toutes les coutures, jour ou nuit, été comme hiver. Une ville magnifique, colorée, mystérieuse. Une ville que j’aime tout simplement. Je sais que je reverrai mes rencontres pragoises et que de belles choses m’attendent à mon retour. Cette seule pensée diminue ma tristesse au moment de quitter la ville aux cent clochers et cette année unique.

Un mot sur le blog : 80 articles, 120 commentaires. Je me souviens encore cherchant un titre original pour le nommer en septembre dernier dont beaucoup n’ont que tardivement remarqué le caractère facétieux, d’ailleurs. Bizarrement, je savais déjà que l’envie de poster ne faiblirait pas, allez savoir pourquoi. Ce blog m’a apporté une belle rencontre (Céline), m’a permis de vous conter mes aventures et garder un lien avec la France, a servi aussi à exprimer et partager des impressions, des émotions, des colères parfois. C’est aussi un formidable album souvenir pour en oublier le moins possible : une trace de « la passante de Prague » que j’ai été. Mais plus que tout, j’ai adoré le remplir de bêtises, de culture, de photos ou vidéos, de références moisies ou plus subtiles, de fous rires ou de réflexions (si si, cherchez, il y en a !).

Pour finir, j’adresse un grand MERCI à tous ceux qui ont passé du temps devant ces lignes voire les ont commentées et voire encore m’en ont donné des échos positifs.
Merci aux lecteurs fanatiques (bon d’accord, disons assidus),
Merci aux lecteurs inattendus,
Merci également aux lecteurs occasionnels (je ne citerai pas de noms car cette attitude est tout bonnement scandaleuse).
Je vous embrasse et vous dis à très bientôt « en vrai ».

28 mai, 2007

Ca sent la fin

Ce fut décidément un dernier week-end pragois à la hauteur de mes espérances : entre le dance floor, le pique-nique, la soirée chez Vincent, le brunch ataraxique au Radost, le dernier thé avec Céline et les flâneries dans Prague, tout a été parfait. Il me reste deux jours pleins pour régler les dernières choses avant le départ. Le côté prise de tête : la paperasse universitaire et les recherches pour vendre mon lit. En effet, cette péripatéticienne de propriétaire a décidé 3 jours avant la remise des clés de ne pas l’acheter alors qu’il avait donné son accord. Le bon côté : les promenades et les dernières photos à prendre.

Ces jours-ci j’ai commis deux erreurs fatales : la première fut de décrocher toute ma déco trop tôt. Résultat, ma chambre est d’une tristesse affligeante en plus d’être semée de valises. Donc à l’avenir, ne JAMAIS virer les cartes postales et autres bougies avant la veille d’un quelconque départ. Deuxième erreur : le shopping pré-départ (chapeau, carnets, poster…). Fatal aussi car il détruit toutes vos espérances concernant la place que vous aurez pour tout caser dans vos bagages. Amis lecteurs, prenez-en de la graine si vous avez à déménager.

27 mai, 2007

Le der des der

Pique-niquer sur la colline de Petřin : on en rêvait, on en parlait, on l’a enfin fait. C’était moins une car il s’agit du dernier week-end à Prague pour la plupart d’entre nous et probablement du dernier jour ensoleillé.


Une seule solution
C’est en descendant du château que nous avons assisté à une manifestation contre l’installation d’une base anti-missiles américaine sur le territoire tchèque. A noter qu’il réunissait des membres du Parti Communiste et des Verts qui se situent ici plutôt à droite.

Oh mon Dieu c’est lui ?!
Le soir lors d’une petite fête organisée par Vincent (un des stagiaires de l’Ambassade), j’ai rencontré celui qui remplace Julien au service de presse. A mon humble avis, ses collègues doivent regretter mon coloc. Comment puis-je en être aussi sûre ? Hmm l’intuition… En même temps le pauvre, ce doit être difficile pour lui de subir la comparaison.

Les confessions
Enfin, pardonnez-moi lecteurs, car j'ai péché. Oui, la fatigue et le bourdonnement dans ma tête m'ont conduite à lâchement abandonner mes acolytes autour de minuit et demi pour rentrer chez moi.

25 mai, 2007

Prenons de la hauteur

Continuons la série "tourisme, il faut en profiter au maximum avant de partir" avec aujourd’hui la montée dans la tour télé et celle de la cathédrale St Guy (dans le château). Cette tour TV de 260 mètres achevée en 1992 qui déplait tant aux Pragois est en effet plutôt moche, malgré les bébés de David Černý qui y sont temporairement accrochés (oui oui, le petit truc noir en bas à droite).

Le panorama est très plaisant car c’est la vue la plus élevée de Prague que vous puissiez obtenir.

Notre promenade avec Emilie nous a menées à un cimetière que nous croyions être celui où Kafka est enterré, mais en fait non. Ensuite direction le château de Prague pour gravir les 287 marches qui menaient en haut de la tour. Claustrophobes, s’abstenir : entre l’étroitesse des marches et les gens que l’on croise dans l’autre sens, mieux vaut ne pas être trop angoissé. Mais ça vaut le coup :


Ce soir, c'est dance floor, encore une soirée qui promet... Je vous abandonne donc pour piquer un som' afin d'être d'attaque.

Sans sushis (j'étais obligée de la faire)

En ces derniers jours pragois, je joue à fond et sans vergogne les touristes avec Emilie, à la seule différence que l’on connaît la ville comme le dos de notre main. Au programme, achat de souvenirs comme des carnets estampillés Mucha ou recherche désespérée et infructueuse d’une clé en cristal sous forme de pendentif. Sous la chaleur ambiante, nous avons décidé de manger au resto japonais d'une des nombreuses galleries du centre. Le choix n'avait rien à voir avec le charme du serveur, il faut avouer que leurs sushis étaient délicieux. Visez-moi ça :

Bilan : on ne peut toujours pas dire que je sais manger avec des baguettes depuis mon dernier resto jap il y a plus d'un an, même s’il y a du mieux. En rentrant, je me suis mise à remplir ma seconde valise alors que je ne pars que dans une semaine. Moi obsessionnelle ? Mais pas du tout ! Je tiens à vous informer chers lecteurs, que je ramène une imprimante alors il y a de quoi douter de la contenance de ses valises. J'ai donc passé un après-midi un peu bizarre à décoller les cartes postales, m’asseoir sur mes valises pour les fermer, retrouver de vieux tickets de ciné, avec i-Tunes pour accompagner mes allées et venues dans ma chambre. Je déteste l'idée de penser que d'autres personnes vont vivre, dormir, rire dans cet appart à partir du mois de juin. Je me sens tellement chez moi, ici.

21 mai, 2007

Intermède

Ce moment musical a été capturé ce week-end sur le pont Charles et vous est offert par Ottertainment :

20 mai, 2007

C’est fatiguant l’éclectisme

Encore un week-end chargé de sens, puisque l’avant-dernier avant le retour définitif (j’ai peine à y croire). Après avoir vaillamment obtenu un A en Figures choisies des sciences sociales et politiques, le professeur m’a dit que je pouvais lui envoyer un email si je revenais à Prague. Le samedi je me suis baladée dans Prague, histoire de l’imprimer au maximum dans ma mémoire. Vieille ville, quais, château, tout y est passé. J’ai aussi acheté un chapeau : oui le béret en juillet n’est pas très à la mode en ce moment. La soirée s’est déroulée entre filles avec resto et dance floor. Du jamais vu ! Musique parfaite, in the mood for dance, conscience de passer une des dernières soirées Erasmus, appareils photos, tous les ingrédients étaient réunis. Et quatre folles furieuses, ça se remarque, surtout pour des rugbymen habitués des troisièmes mi-temps.

Le lendemain fut plus calme (c’était pas bien dur non plus). On a joué les touristes vers la cathédrale avec Emilie pour terminer au Café Louvre avec Öznur et sa mère. Elles m’ont invitée à les accompagner au Théâtre National pour la première d’un ballet nommé « Solo pour trois » qui j’avoue m’a fort plue. Il s’agissait de mises en scène sur des chansons de deux artistes tchèques et… Brel ! Quel bonheur, je crois avoir vraiment pris la mesure de tout son talent, c’est un vrai génie : paroles, musique, interprétation. Et il y avait ce fameux danseur blond, exceptionnel, que je commence à connaître à force d’aller voir des ballets. Il s’appelle Michal mais pour moi il est et restera le Roméo qui m’a éblouie dans Roméo et Juliette en novembre dernier.

18 mai, 2007

Toi aussi change de sexe avec le programme Erasmus et la Commission Européenne

Il y a quelques mois, Ondrej mon "alter-ego" à l'université Charles m'envoyait un email me demandant si je pouvais écrire quelques lignes sur les différences entre les systèmes français et tchèque concernant la fac. Cet article était destiné à être publié dans une lettre d'information de la Commission Européenne à propos du 20ème anniversaire du Programme Erasmus. J'avais donc envoyé ceci :

First of all, the department of Social Sciences in Charles University proposes a wide choice of courses in different languages (from Communication to International Relations). However, if a student wants to attend a lecture which depends on another faculty, he will have some difficulties. Indeed, both Universities (home school and foreign one) have to give their agreement.
The “Tajemnik” system is an important point in Charles University. To choose the courses, every student fills the lectures he decided to attend on Internet. When the students obtained their credits, the teachers cross it also on the web. This is a simple and quick manner to create a link between the faculty and the students, and it works very well.
However, I have remarked that generally, the teachers have less requirements than in my home school. Furthermore, some papers that I had to write were not enough commented and corrected in order to progress.
To finish, I have to acknowledge that I was a bit shocked by the sale of alcohol in the buildings of the faculty. Indeed, nobody would accept it in French universities.
To conclude, the system of Charles University in quite different from my home school but interesting. On the other hand, I was not "lost" since both have many things in common.

N'ayant pas eu de nouvelles depuis, je me suis décidée à aller chercher la publication sur le Net et voici ce que j'ai trouvé :

Clémence Lacoque, a French student, sees the following differences compared with his university : "In Prague the Faculty of Social Sciences offers a wider range of courses in different languages. But it is much more difficult to attend courses by another faculty than in France. The university intranet "Tajemnik system" is more widely used in Prague to register for courses and credits, making contact easier between faculty and students.

C'est légèrement différent. Il était certain que tout ne serait pas retranscrit et je me serais parfaitement contentée d'une simple coupe, mais de là à réécrire les phrases... Et regardez, je suis même devenue un homme au passage.